Photo des mains de l'artiste entrain de peindre.
Studio thoughts

How I Started Painting: The Story of My First Canvas

Comment j’ai commencé à peindre : L’histoire de ma première toile Lorsque j’étais en grande section, j’ai eu la chance d’avoir une enseignante exceptionnelle qui a su éveiller en moi une passion pour l’art. Je me souviens de cette année-là comme d’une époque où ma créativité a pris son envol. C’était à l’école de Créteil, en région parisienne, un lieu simple, mais propice à la découverte. C’est là que j’ai rencontré Fabienne, ma maîtresse, qui a joué un rôle décisif dans mon parcours artistique. Fabienne nous a emmenés, ma petite classe d’élèves de 4 à 5 ans, en excursion à Auvers-sur-Oise pour visiter la maison de Van Gogh. Une expérience qui allait marquer le début de mon amour pour la peinture. Je ne me souviens pas de tous les détails de cette sortie, mais il y a des souvenirs qui restent gravés dans ma mémoire. L’odeur de l’air frais, l’excitation d’être en dehors de l’école, et surtout, la sensation d’être en compagnie de ma maman, qui avait pu nous accompagner pour cette sortie. J’étais tellement fière de la voir là, à mes côtés. C’était un moment de partage, de joie, et, soyons honnêtes, un peu de fatigue aussi. Je me rappelle avoir eu faim, et d’avoir rêvé de mordre dans mes sandwiches au jambon de dinde, soigneusement préparés le matin même par ma maman avec beaucoup d’amour. C’est un souvenir assez simple, mais il est chargé de tendres émotions. Je me souviens aussi de la GRANDE aventure de monter dans un wagon d’époque pour faire le trajet. Un détail qui, à l’époque, m’avait fascinée, mais qui, rétrospectivement, a contribué à l’authenticité de cette journée. Une journée qui allait, en fin de compte, nourrir mon imaginaire pendant des années. À notre retour en classe, Fabienne nous a proposé de réaliser des tableaux inspirés de ce que nous avions vu à Auvers-sur-Oise. Ce moment a été déterminant pour moi, car il a marqué la première fois où j’ai pris un pinceau entre mes mains pour créer quelque chose d’unique. Contrairement à beaucoup de mes camarades qui se sont naturellement dirigés vers des œuvres emblématiques comme La Nuit étoilée ou Les Tournesols de Van Gogh, j’ai choisi de peindre un pot de fleurs. Je me souviens avoir été captivée par la simplicité et la beauté de cette scène, l’harmonie des couleurs et la texture des pétales. Fleurs dans un vase bleu, 1887 Fleurs dans un vase bleu, Jessica Lundi-Léandre, 2004 Je me souviens de la fierté que j’ai ressentie en contemplant mon tableau terminé. C’était une petite réalisation, certes, mais à mes yeux, elle représentait un accomplissement immense. Maman, qui avait toujours été ma plus grande source de soutien, était impressionnée par mon travail, et cela m’a énormément encouragée. Ce moment a été un déclic pour moi, une première victoire personnelle dans un domaine que je n’avais pas encore pleinement exploré.  Depuis ce jour-là, j’ai continué à dessiner, à peindre et à observer les artistes autour de moi. J’étais fascinée par leur travail, leur univers et la manière dont ils parvenaient à transformer une simple toile en un espace d’expression. Je posais des questions, cherchant à comprendre le pourquoi du comment de chaque geste, de chaque coup de pinceau. Je voulais être meilleure, toujours plus précise, toujours plus audacieuse. Même si j’étais encore toute petite, cet élan de perfectionnisme et de curiosité a jalonné mon parcours. Je n’étais pas simplement une enfant qui dessine, j’étais déjà une artiste en herbe, avide d’apprendre, avide de m’améliorer. Et aujourd’hui, chaque fois que je commence une nouvelle toile, je pense à ce premier tableau, à ce pot de fleurs simple mais ô combien symbolique. Ce n’était pas juste un exercice de peinture, c’était la première étape d’un chemin qui m’a menée là où je suis aujourd’hui. Chaque trait que je pose, chaque couleur que je choisis, chaque moment passé devant la toile, est une résonance de cette époque où, toute petite, j’ai cru que l’art pourrait être mon langage, mon espace de liberté.